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Gérontosphère
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S’ennuyer à mourir
Francis Etheridge, François Aubry, Yves Couturier, Isabelle Feillou et Éric Gagnon | 2 novembre 2020
En 2018-2019, plus de 14 000 personnes sont décédées dans un centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), soit 20 % de tous les décès du Québec. En moyenne, une nouvelle résidente y vivra deux ans et demi avant de mourir. Toutefois, alors que certaines personnes y habitent pendant des décennies, plusieurs autres n’y habitent que quelques semaines. Si l’étiquette de mouroir attribuée aux CHSLD est péjorative, il n’en demeure pas moins que la mort fait factuellement partie de leur quotidien.
Tragédie dans les CHSLD : une réalité trop prévisible
, , , | 12 Mai, 2020
Si la pandémie qui afflige notre monde est un phénomène en partie inattendu, les difficultés des centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), et de leurs équivalents dans le monde, à y répondre ne l’est pas.
À l’image de leurs résidents, ces organisations, dont la mission est d’offrir un milieu de vie substitut et des soins aux personnes les moins autonomes de nos sociétés, sont d’une grande fragilité.
Un âgisme sociétal, soit notre disposition partagée à accorder moins de valeur à la vie des vieux que des jeunes, se trouve à la racine de leur vulnérabilité et justifie, plus ou moins consciemment, leur statut de parents pauvres des réseaux de santé. Ici comme ailleurs, les organisations d’hébergement et de soins de longue durée sont reconnues pour leur sous-financement récurrent, leur faible attractivité professionnelle, la désuétude de leurs infrastructures et leur incapacité durable à se réinventer.
Les micromilieux adaptés: un défi de transition et d’adaptation
| Volume 29, numéro 1 – Printemps 2018
Au printemps 2017, un article intitulé « Les micromilieux : une solution afin d’offrir à la clientèle un milieu de vie adapté. » a été publié dans La Gérontoise. Il traitait des travaux réalisés et prévus par Groupe Champlain1 pour diminuer les irritants associés à la cohabitation de personnes ayant des besoins très différents. Plus spécifiquement, il présentait les résultats d’une recension d’écrits portant sur la problématique, soit un modèle élaboré de micromilieux adaptés comme solution et la méthodologie d’un projet pilote visant à le mettre en œuvre. Ce texte présente les apprentissages tirés de ce projet pilote et répond aux interrogations soulevées dans le premier article.
Les micro-milieux : une solution afin d’offrir à la clientèle un milieu de vie adapté.
Huguette Bleau, | La Gérontoise, vol 28, no 1 – Printemps 2017
Selon le ministère de la Santé et des Services sociaux (2003), les centres d’hébergement et de soins de longue durée ont comme fonction d’héberger des personnes qui « en raison de leur perte d’autonomie fonctionnelle ou psychosociale, ne peuvent demeurer dans leur milieu de vie naturel, malgré le support de leur entourage » (p. 34). Comme la perte d’autonomie n’est pas exclusive aux personnes âgées ou à une seule affection; la clientèle des CHSLD n’est pas homogène. Il suffit d’entrer dans un de ces milieux pour le constater. Dans un même salon, une femme apparemment dans la quarantaine qui se déplace en fauteuil roulant motorisé regarde la télévision pendant qu’une autre, beaucoup plus âgée, longe les murs à l’aide de sa « marchette ». Sur une unité de vie, un homme confus est couché sur le lit inoccupé de son voisin de chambre parti à la salle communautaire regarder un match de hockey. Dans la salle à manger, une jeune femme présentant une déficience intellectuelle, reçoit de l’aide pour s’alimenter. Elle est assise à la même table qu’un homme âgé qui appelle à répétition, en italien, sa défunte conjointe. Ces situations typiques illustrent que la clientèle des CHSLD est variable autant au plan de l’âge, des problèmes physiques et cognitifs que de l’origine ethnique. Au Québec, les milieux d’hébergement accueillent, une clientèle hétérogène. Cette situation entraîne des influences délétères autant pour la clientèle que pour le personnel. Groupe Champlain1 se penche sur cette problématique et affirme que les micros milieux peuvent offrir un milieu de vie adapté à cette clientèle. Ce premier article fait état de la situation et présente un projet d’instauration de deux microsmilieux.
La gestion professionnelle des émotions et l’approche prothétique : un nouveau travail prescrit pour soigner les déments
Michel Bigaouette | Open Édition Journals, Mai 2001
Les soignants qui travaillent auprès des déments font face à d’importantes difficultés. Leurs activités de travail concernent notamment la prévention des comportements agressifs et perturbateurs chez la clientèle démente. Les stratégies utilisées pour prévenir ces conduites représentent un des enjeux fondamentaux de l’activité de travail. Elles réfèrent à la gestion professionnelle des émotions ressenties non pas seulement par les clients lors des actes de soin mais aussi à celles éprouvées par les soignants eux-mêmes.
L’intervention de l’ergonome auprès des soignants œuvrant dans les Centres d’hébergement et de soins de longue durée vise notamment à documenter ces stratégies émotionnelles utilisées par les soignants. Elle vise également à supporter les directions patronales, syndicales et les employés de ces établissements dans l’implantation de modèles d’organisation de service et de soins plus efficients. L’approche « prothétique » constitue un exemple. Cette démarche redéfinit le travail prescrit du soignant. Elle vise une meilleure satisfaction des besoins fondamentaux de la clientèle démente.
Le défi d’un hébergement de qualité
Michel Bigaouette | La Gérontoise, vol. 17, no 1, Janvier 2006
Le recours à l’hébergement de personnes âgées trop vulnérables pour vivre à domicile est une pratique sociale relativement nouvelle pour l’histoire de l’humanité. Notre société ne peut se passer de ses centres d’hébergement. En effet, le vieillissement rapide de la population québécoise, la perte de l’autonomie fonctionnelle attribuable aux maladies chroniques et la baisse marquée de la natalité (diminuant le réseau de soutien naturel des personnes âgées) influencent à la hausse la demande pour l’hébergement qui est devenu l’objet d’un débat de société au Québec. Jusqu’à quel point la vie en hébergement parvient-elle à substituer le milieu de vie naturel et à répondre véritablement aux multiples besoins et attentes?
C’est l’heure du bain, mais le client ne veut pas…
Michel Bigaouette, Marie Josée Robitaille | OP, vol 38 no 4, 2015
Une des tâches les plus exigeantes pour le personnel en CHSLD est, sans contredit, d’assurer les soins d’hygiène ou de continence auprès de personnes en perte d’autonomie. À cette occasion, les travailleurs sont en contact physique soutenu avec chacun de leurs clients et exécutent de nombreux gestes, la plupart demandant des efforts. Sans la collaboration de la personne, procéder aux soins intimes devient dangeureux pour l’intégrité physique et psychologique des intervenants.
Les personnes : le coeur du milieu de vie substitut
Michel Bigaouette | Objectif Prévention, vol 26, no 5, 2003
Qu’est-ce qu’un milieu de vie substitut? La Loi sur les services de santé et les services sociaux ne donne aucune précision sur les moyens à prendre pour mettre en œuvre ce milieu de vie. Le centre d’hébergement est de soins de longue durée (CHSLD) est une entité autonome administrée par un conseil d’administration qui décide des orientations stratégiques et détermine les priorités de l’organisation sur la manière de dispenser les soins et les services à la clientèle. Ainsi, la réalisation d’un milieu substitut dépend de la définition que s’en donne le CHSLD. Celui qui veut être un véritable milieu de vie substitut et intégrer la santé et la sécurité du travail (SST) doit approfondir sa réflexion. L’exercice est essentiel : les différents intervenants qui travaillent dans un CHSLD ne partagent pas nécessairement la même vision !